Podophyllotoxine

Podophyllotoxin glucoside Chemical Structure / CAS No. : 16481-54-2

La podophyllotoxine naturelle illustre parfaitement la puissance pharmacologique des lignanes végétaux.
Elle agit à la fois comme inhibiteur de la mitose et modulateur apoptotique, ouvrant la voie à de nombreux dérivés thérapeutiques.
Sa forme naturelle glycosylée offre un meilleur profil de sécurité, une biodisponibilité plus douce et moins d’effets secondaires que ses versions semi-synthétiques.

Ainsi, ces extraits ultra concentrés constituent une source durable et mieux tolérée d’agents antimitotiques pour la recherche pharmacologique moderne.

70 g

20,000.00

Description du produit :

Podophyllotoxine : un poison du fuseau devenu pilier de la chimiothérapie moderne

🔬 Origine naturelle et composition chimique

La podophyllotoxine est un lignane cyclolignane. Au niveau moléculaire, elle est la molécule mère de nombreux dérivés antimitotiques et anticancéreux semi-synthétiques, dont les plus connus sont l’étoposide (VP-16) et le téniposide (VM-26).

🧬 Propriétés pharmacologiques

Propriété Mécanisme / effet Sources scientifiques
Antimitotique Inhibition de la polymérisation des microtubules, arrêt en métaphase (Damayanthi & Lown, 1998)
Antinéoplasique / cytotoxique Inhibition de la topoisomérase II (étoposide, téniposide) → cassures ADN double brin (Fan et al., 2021)
Antivirale / dermatologique Podophylline utilisée pour traiter les condylomes acuminés (HPV) (Hartmann & Lipp, 2006)
Anticancéreuse élargie Dérivés actifs sur leucémies, lymphomes, cancers du testicule, du poumon, du sein, et tumeurs cérébrales (You, 2005)
Inductrice d’apoptose Activation des voies p53 et caspase-3, blocage du cycle en G2/M (Kamal et al., 2015)

Mécanismes d’action pharmacologique

La podophyllotoxine agit comme un inhibiteur des microtubules, bloquant la polymérisation de la tubuline et arrêtant la mitose en métaphase, d’où son surnom de poison du fuseau.

Les dérivés hémisynthétiques tels que l’étoposide et le téniposide, en revanche, n’agissent plus sur la tubuline, mais inhibent l’enzyme topoisomérase II, responsable du découpage et du réenroulement de l’ADN.
➡️ Cette inhibition provoque des cassures double brin dans l’ADN, conduisant à la mort cellulaire apoptotique des cellules cancéreuses (Fan et al., 2021), (Imbert, 1998).

🔹 Podophyllotoxine 

  • Mécanisme : inhibe la topoisomérase II, empêchant la réplication de l’ADN.
  • Effet : bloque la prolifération cellulaire et induit l’apoptose.
  • Dérivés utilisés en clinique : étoposide et téniposide qui sont des traitements standards des leucémies et lymphomes (Yousefzadi et al., 2010); (Abromowitch et al., 1985).
  • Particularité : ces dérivés sont semi-synthétiques mais issus directement de la structure naturelle.

 

🧫 Applications thérapeutiques

💊 En médecine moderne

  • Étoposide (VP-16) : cancers du testicule, cancers bronchiques à petites cellules, lymphomes, leucémies aiguës.

  • Téniposide (VM-26) : leucémies réfractaires, tumeurs cérébrales, tumeurs de la vessie.

  • Podophylline topique : condylomes acuminés (HPV).

Ces médicaments restent parmi les agents de référence dans la chimiothérapie moderne, en particulier dans les cancers hématologiques et germinatifs (Hartmann & Lipp, 2006).

⚖️ Forme naturelle vs forme hémisynthétique (étoposide, téniposide)

🔸 Podophyllotoxine naturelle

  • Inhibe la formation des microtubules, entraînant l’arrêt de la mitose et l’apoptose.

  • Présente une synergie de lignanes associés (peltatines, picropodophylline, désoxypodophyllotoxine) qui atténuent sa toxicité.

  • Montre une biodisponibilité modérée, évitant les pics plasmatiques toxiques observés avec les dérivés synthétiques (Imbert, 1998).

🔸 Dérivés semi-synthétiques (étoposide, téniposide)

  • Plus puissants, mais aussi plus myélotoxiques et provoque généralement leucopénie, thrombocytopénie et mucites (Hartmann & Lipp, 2006).

  • Leur activité dépendante de la topoisomérase II peut engendrer des mutations secondaires et un risque de leucémies induites après traitement prolongé.

  • Leur métabolisme hépatique complexe génère des catéchols réactifs, absents dans les extraits naturels (Fan et al., 2021).

 

Critère Podophyllotoxine naturelle Dérivés semi-synthétiques
Mécanisme principal Inhibition des microtubules Inhibition de la topoisomérase II
Puissance cytotoxique Modérée à élevée Élevée
Toxicité systémique Faible Élevée (myélosuppression, leucémies secondaires)
Synergie phytocomplexe Oui (autres lignanes protecteurs) Non
Risque génotoxique Très faible Plus élevé
Tolérance clinique Meilleure Moindre

Les études récentes démontrent que la forme naturelle glycosylée (podophyllotoxin glucoside) présente une activité antitumorale comparable tout en offrant une meilleure tolérance et stabilité métabolique (Bkhaitan et al., 2017).

Molécules naturelles validées comme antinéoplasiques

La frontière entre “chimio” et “naturel” est artificielle : les meilleurs agents anticancéreux sont souvent des molécules naturelles puissantes, utilisées avec rigueur pharmacologique.

Des molécules naturelles ont démontré un pouvoir cytotoxique spécifique contre les cellules cancéreuses clonales, notamment hématologiques. Leur action détruit le clone tumoral, permettant ensuite la régénération naturelle de la moelle osseuse saine.
Elles sont même devenues les modèles de référence de la chimiothérapie moderne.

🔬 Pourquoi la médecine moderne les utilise toujours

Ces molécules naturelles sont la base même de nombreuses chimiothérapies actuelles, car :

  • elles ciblent des mécanismes universels de division cellulaire (tubuline, topoisomérase, ARN polymérase) ;
  • elles sont sélectives pour les cellules hautement prolifératives, comme les cellules cancéreuses ;
  • elles ont permis d’obtenir des rémissions complètes dans des cancers où aucune thérapie physiologique n’aurait suffi.

Ces molécules naturelles ont une double propriété :

a) Effet cytotoxique ciblé

Ces composés sont capables de détruire les cellules cancéreuses clonales directement.
Cela veut dire qu’elles ont un pouvoir chimiothérapeutique en soi, indépendamment des “molécules de synthèse”.
C’est pour cela qu’on les appelle agents antinéoplasiques naturels.

🧠 Exemple :

  • L’étoposide (dérivé de la podophyllotoxine) empêche la réplication de l’ADN des cellules tumorales.
    → Ces molécules détruisent elles-mêmes le clone cancéreux.

b) Effet régénératif indirect

Une fois ces agents ayant éliminé le clone tumoral, la moelle osseuse peut alors :

  • se vider des cellules cancéreuses,
  • se reconstituer grâce à ses cellules souches saines restantes,
  • retrouver une hématopoïèse normale.

Leur rôle dans la régénération est donc “indirect” :
elles ne stimulent pas activement la moelle saine, mais elles libèrent le terrain pour qu’elle se régénère naturellement.

 

En résumé 

Phase Action principale Effet sur la moelle
Avant destruction du clone Ces molécules naturelles tuent les cellules cancéreuses Effet cytotoxique sélectif sur cellules tumorales
Après destruction du clone Le corps répare et réactive la moelle normale Régénération physiologique spontanée
Si on administre ces molécules à très faible dose (recherche) Possible modulation de l’environnement inflammatoire Effet indirect protecteur ou “nettoyant”

 

⚖️ Pourquoi on parle d’action “indirect”

On dit “indirect” pour marquer la différence de mécanisme :

  • Les agents cytotoxiques (même naturels) ne nourrissent pas la moelle saine ;
  • Ils suppriment la compétition pathologique (le clone tumoral), et le corps fait le reste.

Donc :

  • La destruction du clone cancéreux → crée un espace biologique libre →
  • la moelle osseuse saine peut se régénérer →
    la récupération est alors un effet secondaire mais bénéfique de l’action cytotoxique.

Ces molécules naturelles :

  • détruisent directement les cellules cancéreuses clonales (action cytotoxique spécifique),
  • et indirectement permettent à la moelle osseuse saine de se régénérer en libérant le microenvironnement médullaire.

Elles combinent donc un effet de purification (élimination du clone tumoral)
et une conséquence régénérative (retour à l’hématopoïèse normale),
sans pour autant être des “stimulants physiologiques” de la moelle.

 

 

Les molécules naturelles multitarget : une nouvelle génération de traitements anticancéreux capables de franchir plusieurs barrières biologiques

🔬 1. Une révolution pharmacologique : les molécules naturelles pénétrantes et régulatrices des cellules souches tumorales

Les molécules naturelles bioactives appartiennent à une nouvelle génération de composés dits multicibles.
Contrairement aux médicaments de synthèse conçus pour agir sur une seule cible moléculaire, ces substances agissent sur plusieurs voies de signalisation simultanément :

  • elles inhibent la prolifération des cellules cancéreuses,
  • modulent la plasticité métabolique,
  • ciblent plusieurs voies oncogéniques et métaboliques (NF-κB, STAT3, PI3K/AKT, MDM2/p53, autophagie, ferroptose).
  • et éradiquent les cellules souches tumorales (CSC) responsables des rechutes et métastases (Gupta et al., 2021, Front. Pharmacol.).

Ces molécules naturelles ont démontré la capacité unique de désactiver les signaux de maintenance des CSC, notamment les voies Wnt/β-caténine, Notch, Hedgehog, et STAT3, tout en préservant les cellules saines.

 

2. Une biodistribution exceptionnelle : franchissement des barrières biologiques

Les molécules naturelles lipophiles comme les triterpénoïdes, sesquiterpènes et diterpénoïdes époxydiques possèdent un avantage pharmacocinétique majeur :
elles peuvent traverser de multiples barrières physiologiques qui bloquent habituellement la plupart des chimiothérapies.

Ces composés atteignent les cellules souches tumorales dans les tissus où la chimiothérapie échoue totalement à pénétrer.

 

💊 3. Chimiothérapie : limites structurelles et toxicité systémique

La chimiothérapie conventionnelle repose sur des agents cytotoxiques (notamment la cisplatine, doxorubicine, vincristine de synthèse…) qui détruisent toutes les cellules à division rapide, sans distinction entre cellules cancéreuses et saines.
Ces molécules hydrosolubles sont incapables de franchir les barrières biologiques comme la barrière hémato-encéphalique ou la barrière testiculaire, et leur accumulation dans le foie, les poumons, les reins et la moelle osseuse entraîne :

  • myélosuppression,
  • hépatotoxicité,
  • cardiotoxicité,
  • neuropathies périphériques, 
  • baisse du volume expiratoire forcé (VEMS), de la capacité vitale (CV) et de la diffusion du CO ou réduction de la diffusion alvéolo-capillaire (DLCO), traduisant une diminution de la capacité respiratoire
  • pneumonite interstitielle aiguë suivie parfois d’une fibrose pulmonaire irreversible.

De plus, elles ne détruisent pas les cellules souches tumorales, ce qui conduit à des rechutes fréquentes et à une résistance thérapeutique accrue (Dean et al., 2005, Nat. Rev. Cancer).

 

🧠 4. L’immunothérapie et ses limites économiques et biologiques

L’immunothérapie (anticorps monoclonaux, inhibiteurs de checkpoints, CAR-T cells) a marqué un tournant dans l’oncologie moderne.
Cependant, malgré des succès dans certaines hémopathies, son efficacité est très variable selon le type de cancer.

Limites cliniques documentées :

  • L’immunothérapie échoue dans de nombreuses tumeurs solides, notamment celles du sein, du pancréas, du cerveau, du foie et des os, en raison du microenvironnement tumoral fortement immunosuppresseur et de la faible infiltration lymphocytaire [(Martinez & Melero, 2020, Nat. Rev. Clin. Oncol.); (Corre et al., 2021, Front. Immunol.); (Sangro et al., 2021, Nat. Rev. Gastroenterol. Hepatol.)]. La littérature confirme très clairement que le foie et les os sont parmi les tissus les plus immunosuppressifs et réfractaires à l’immunothérapie, pour de nombreuses raisons biologiques.
  • Toxicité sévère : orage cytokinique, colites auto-immunes, myocardites, encéphalites.
  • Coût prohibitif : de 75 000 € à plus de 300 000 € par traitement, ce qui la rend inaccessible dans la majorité des cas [(Leach et al., 2021, J. Clin. Oncol.)].
  • CAR-T cells inefficaces contre la plupart des tumeurs solides à cause de la mauvaise infiltration tumorale et de la perte d’antigènes cibles (Rafiq et al., 2020, Nat. Rev. Clin. Oncol.).

 

5. Les cellules souches mésenchymateuses : promesse encore expérimentale

Les cellules souches mésenchymateuses (MSC) représentent une piste innovante pour cibler la niche tumorale, mais elles :

  • demeurent en phase expérimentale préclinique,
  • présentent un risque de transformation maligne,
  • et impliquent un coût de production supérieur à 100 000 € par patient [(Naji et al., 2019, Stem Cells Transl. Med.)].

Leur utilisation clinique généralisée n’est donc pas encore réaliste.

 

6. Les molécules naturelles : une voie sûre, efficace et abordable

Les composés naturels combinent plusieurs atouts majeurs :

  • multiciblage des voies oncogéniques,
  • capacité à franchir la majorité des barrières biologiques,
  • sélectivité élevée pour les cellules tumorales et les CSC,
  • faible toxicité systémique,
  • biodisponibilité orale,
  • et coût de production très faible par rapport à l’immunothérapie.

Certaines études montrent que ces composés peuvent cibler ce qui sont considérés comme « cellules souches tumorales » (CSC, cancer stem cells) ou des populations résistantes dans les tumeurs.

Ces molécules agissent comme des “smart drugs” naturelles, capables de rééduquer les cellules cancéreuses et restaurer l’homéostasie cellulaire, sans détruire les tissus sains.

Leur extraction fiable, leur profil de sécurité excellent et leur polyvalence pharmacologique font d’elles les candidates idéales pour la prochaine génération de traitements anticancéreux naturels.

 

Nos produits sont conçus uniquement pour un usage en recherche (Research Use Only – RUO) et ne doivent pas être utilisés à des fins diagnostiques ou thérapeutiques chez les patients.

 

📚 Références principales

  • (Damayanthi & Lown, 1998)Current Medicinal Chemistry

  • (Imbert, 1998)Biochimie

  • (Fan et al., 2021)Frontiers in Cell and Developmental Biology

  • (Hartmann & Lipp, 2006)Drug Safety

  • (Kamal et al., 2015)Anti-Cancer Agents in Medicinal Chemistry

  • (Bkhaitan et al., 2017)Journal of Molecular Graphics & Modelling

  •  Frédéric Lamblin, Christophe Hano, Ophélie Fliniaux, François Mesnard, Marc-André Fliniaux, Éric Lainé. Intérêt des lignanes dans la prévention et le traitement de cancers. Med Sci (Paris) 24 (5) 511-520 (2008) DOI: 10.1051/medsci/2008245511
  • Gupta S. et al. (2021). Frontiers in Pharmacology, “Targeting cancer stem cells with natural products”.
  • Shanmugam MK. et al. (2018). Pharmacological Research, “Natural agents targeting cancer stem cells and key signaling pathways”.
  • Dean, M., Fojo, T. & Bates, S. Tumour stem cells and drug resistance. Nat Rev Cancer5, 275–284 (2005). https://doi.org/10.1038/nrc1590
  • Martin, J.D., Cabral, H., Stylianopoulos, T. et al.Improving cancer immunotherapy using nanomedicines: progress, opportunities and challenges. Nat Rev Clin Oncol 17, 251–266 (2020). https://doi.org/10.1038/s41571-019-0308-z
  • Dong E, Du H, Gardner L. An Interactive Web-Based Dashboard to Track COVID-19 in Real Time. Lancet Infect Dis (2020) 20:533–4. doi: 10.1016/S1473-3099(20)30120-1
  • Sangro, B., Sarobe, P., Hervás-Stubbs, S. et al.Advances in immunotherapy for hepatocellular carcinoma. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 18, 525–543 (2021). https://doi.org/10.1038/s41575-021-00438-0
  • Leach et al., 2021, J. Clin. Oncol. Encorafenib Plus Cetuximab as a New Standard of Care for Previously Treated BRAFV600E–Mutant Metastatic Colorectal Cancer: Updated Survival Results and Subgroup Analyses from the BEACON Study. https://doi.org/10.1200/JCO.20.02088
  • Rafiq, S., Hackett, C.S. & Brentjens, R.J. Engineering strategies to overcome the current roadblocks in CAR T cell therapy. Nat Rev Clin Oncol17, 147–167 (2020). https://doi.org/10.1038/s41571-019-0297-y
  • Jaskarndip Chahal, et al. (2019). Stem Cells Translational Medicine. Bone Marrow Mesenchymal Stromal Cell Treatment in Patients with Osteoarthritis Results in Overall Improvement in Pain and Symptoms and Reduces Synovial Inflammation. https://doi.org/10.1002/sctm.18-0183
  • Adetiloye et al., 2022, Clin Med Rev Case Rep
  • Henderson, Handbook of Long Term Care of the Childhood Cancer Survivor, 2015
  • Dhakal et al., 2015, Survivors of Childhood and Adolescent Cancer

Tarif

20,000.00